Sale temps sous les nuages

 In La rubrique de Frédérique

Les nuits sont plus longues que nos jours, les repères s’estompent dans l’obscurité, mais il faut continuer vaille que vaille à fouler le chemin initié depuis des lustres en cherchant à tâtons les marques qui murmurent que nous ne sommes pas perdus.
Dépression saisonnière ; changement d’état, changement de temps, changement de pression aux incidences multiples sur nos climats intérieurs et extérieurs ; dans le noir de l’automne qui court jusqu’à l’aube de l’hiver, la mort s’insinue. Mort de ce qui n’a plus lieu d’être, mort de ce qui a fait son temps, mort aussi de ce à quoi l’on tient et que l’on essaie de ranimer coûte que coûte pour ne pas être obligé de renaître en s’adaptant aux changements de temps qui obligent à reconstruire.
Mais la mort est le terreau des lendemains ; elle invite à inventer le futur en regardant le présent pour ce qu’il est, la résultante d’un passé et un tremplin vers l’avenir si nous acceptons de mourir au connu, au déjà-vu, pour nous tourner résolument vers des possibles nouveaux.
Dépression saisonnière où l’on voit le verre à moitié vide plutôt que le verre à moitié plein, où l’on s’attriste du manque, sans réaliser qu’un verre vide est un atout majeur, porteur de subtils avantages. Le vide peut accueillir, il peut être comblé et le choix de ce qui s’y dépose, nous incombe.
À chacun de découvrir comment se désaltérer afin de transcender les altérations quotidiennes pour s’abreuver au mieux ; c’est là que la vie surgit, qu’elle nous inspire, qu’elle nous blackboule, qu’elle nous attend !

Quand elle cesse de proposer du prêt à consommer, du prêt à penser, du prêt à projet, c’est à nous d’écouter nos intériorités pour que germent les graines d’éventuel enfouies, mais prêtes à se déployer.
La peur du noir conduit au désespoir, mais trouver ses marques dans l’obscurité comme la semence qui cherche à éclore, attise l’espoir de trouver la lumière sur de nouveaux espaces à investir collectivement.
Car c’est ensemble et ce n’est qu’ensemble que nous pourrons porter un espoir salvateur et nous engager à servir la vie avant de nous servir nous-mêmes.

Se servir confronte toujours à nos limites, car nous ne sommes que des récipiendaires restreints ; servir la vie offre l’infini à celles et ceux qui par goût de tous et du Tout, ne cherchent plus à thésauriser.
En surfant sur la vague d’infini, nous dépassons les frontières de nos enfermements et nous incarnons l’espoir au quotidien sans pour autant le faire nôtre, car ce serait alors le mettre en boîte ; or tout ce qui est en boîte est forcément à terme, fini, mortel, has-been, à réinventer.

L’Espoir est l’antidote de la résignation, il donne la force d’avancer vers un but qui se découvre à partir d’une vision qui parfois se brouille, mais jamais ne s’éteint.
Même sous la chape du désespoir, il se dit en filigrane, car nul n’est désespéré s’il ne porte pas secrètement au plus profond de son intériorité, la trace d’une touche d’espoir.

L’espoir est un panneau indicateur qui pointe vers l’avenir ; il colore à chaque instant le regard que nous posons sur le monde, parfume l’air qui le baigne et nous baigne en retour.
Chantons sous la pluie, pour que la peur du noir suscite aussi l’espoir.
Après la pluie, le beau temps ; après la nuit, le jour ; après l’inspir, l’expir… et réciproquement.

Contact Us

We're not around right now. But you can send us an email and we'll get back to you, asap.

Not readable? Change text. captcha txt

Start typing and press Enter to search