Serrons-nous les consciences

 Dans La rubrique de Frédérique

 

Quand le monde semble offrir à certains le droit de tout imposer, de prendre ce qu’ils convoitent sans jamais douter de leur bon droit, il ne suffit plus de se serrer les coudes. Il faut aussi se serrer les consciences, penser ensemble au bien commun et cesser de reproduire à plus petite échelle le même séparatisme, la même violence.
Il faut apprendre à ne pas défendre ses intérêts particuliers et à ne pas imposer sur nos petits territoires une hégémonie que l’on condamne ailleurs. Car les mêmes mouvements engendrent les mêmes effets et quiconque impose, contraint, ou cherche à dominer dans sa sphère personnelle fait croître les abus de pouvoir.

Mais que signifie se serrer les consciences ?
Comment penser le monde de demain comme un tout au sein duquel personne ne s’octroierait plus que nécessaire ?
Comment pressentir l’unité d’un tel monde ?
Comment accepter de céder une part de ce que nous revendiquons encore pour le bien de tous, alors que nous résistons à lâcher notre emprise sur notre petit monde ? Comment ne pas céder à l’impulsion qui pousse à prendre plutôt qu’à donner ?

Se serrer les consciences, c’est consentir à ce que le don à l’ensemble précède toute action, comme une exigence intime sans laquelle nul ne peut véritablement œuvrer au profit du bien commun.
Le monde est tel que, si nous ne nous serrons pas les consciences pour avancer vers plus de justice sociale et de solidarité, nous laisserons s’installer une hiérarchie de nantis exploitant sans scrupule la Terre et de nombreux Terriens. Nous courons alors le risque d’entraver sur plusieurs décennies, les progrès qui servent l’intérêt collectif.
Se serrer les consciences, c’est d’abord résister à nos tendances séparatistes. Identifier nos attentes, nos critiques, nos manques d’innocuité, puis y remédier pour diffuser au quotidien, un parfum d’unité et le laisser naturellement se propager sur l’éther.

Si nous créons des formes‑pensées pour le bien commun, si nous les nourrissons silencieusement, si nous en sommes porteurs sans prosélytisme ni militantisme, si nous méditons pour rejoindre ces espaces communs où la lumière de l’âme brille au‑delà de nos errances, alors nous pouvons élever la vibration des mondes intérieurs et faire en sorte qu’elle ouvre sur l’ensemble, les yeux qui sont encore rivés au pouvoir personnel.
Se serrer les consciences, c’est accompagner le mieux, discerner sans critiquer le moins bien. C’est cultiver le mental, l’affiner, ne pas se laisser happer par les croyances ni les visions partielles.

Le monde est en mutation, nous sommes en mutation, et il n’y a pas d’évolution sans mutation. Mais il reste à choisir le changement auquel souscrire.
Deux routes se présentent : le chacun pour soi, la loi du plus fort, ou le meilleur pour tous, employant la force, non contre un autre, mais pour maintenir sans faillir le cap de la solidarité.

Ce cap invite à interroger chaque acte posé : sert-il le bien commun ou ne profite-t-il qu’à quelques-uns ? Se serrer les consciences est une révolution silencieuse qui invite à s’engager pleinement pour faire vaciller les injustices et révéler à tous ce qu’est l’adelphité.
Même par temps de tempête, ce cap demeure, inflexible et clair, guidant les âmes au‑delà du tumulte.

 

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