T’as pas d’excuses !
T’as pas d’excuses à donner, car il n’y a pas faute, mais une situation qui demande compréhension, explication et transformation.
Pourquoi ci, pourquoi ça ? Pourquoi diable le non-respect ? Pourquoi l’erreur, le mensonge, la tromperie, la manipulation ou le vol ? Mais aussi pourquoi la réussite ? Pourquoi l’attention portée aux autres, aux situations ? Pourquoi manifester de l’intérêt ?Pour permettre de réaliser à quel point certaines choses, certains comportements, certaines pensées, certains programmes, certains plans servent avant tout le bien de quelques-uns au détriment de tous.
Et lorsque cela apparaît clairement, un changement peut alors se produire.
Punir est une façon d’inculquer de l’extérieur des valeurs à l’autre ; c’est une façon de formater, de conditionner dès l’enfance au toléré et à l’interdit d’une société, d’une famille, d’une époque. Et sur cette échelle qui va du toléré à l’interdit ou de l’interdit au toléré se découvre la façon dont les hommes et les femmes se considèrent individuellement et collectivement. Développent-ils des attitudes d’ouverture et de lucidité ou donnent-ils dans le mépris, ce penchant qui pousse à déprécier ou à dénigrer l’autre ?
T’as pas d’excuses à formuler pour te donner bonne conscience si tant est que ta conscience soit gênée.
T’as pas d’excuses qui te permettent de justifier l’injustifiable.
T’as pas d’excuses à vouloir avoir raison, cela signe ton désir de domination !
T’as pas d’excuses à te croire supérieur ou inférieur, car dans les deux cas, n’étant pas à une juste place, tu essaies d’échapper aux possibles qu’il te revient d’actualiser et d’endosser pour le bien de la communauté.
T’as pas d’excuses, mais chaque fois que tu cherches à t’excuser, l’occasion t’est donnée de voir ce qui n’est pas accordé en toi, entre tes actes et tes pensées, entre tes paroles et ce que tu penses intérieurement devoir être.
Chaque fois que tu cherches à t’excuser, l’opportunité de constater la marge de progression entre le souhaitable et le possible t’est offerte. Le souhaitable est toujours un plan qui, lorsqu’il se dessine même muettement, indique la voie choisie ; le possible est la façon dont nous l’empruntons, et la vitesse à laquelle nous rendons possible le souhaitable.
Si tu as appris à penser, t’as pas d’excuses à rester sans questions face aux idées, aux paroles et aux actes que tu engages. Tous appartiennent à la palette des couleurs dont tu te sers pour donner au monde, à ton monde, mais aussi à celui de tous, les couleurs dont il se pare.
T’as pas d’excuses à fournir, mais toutes les excuses que tu te donnes ne sont finalement que des pistes pour découvrir ce qui t’empêche d’avancer sur le chemin de l’adelphité.
T’as pas d’excuses à donner, juste à comprendre ce qu’elles peuvent te révéler du prochain pas à franchir pour un mieux au bénéfice du collectif.
Les excuses sont les bornes qui permettent de voir ce qu’il y a à transmuter. Et tout est bon pour avancer dans les randonnées de la conscience.