Il y a toujours une occasion de faire confiance
Il y a toujours une occasion de faire confiance sur le plan de la conscience.
Il y a toujours une occasion de faire confiance quand on comprend le monde des causes qui donne corps aux évènements. Mais vivre en conscience des causes n’aide pas toujours à pacifier nos innombrables peurs. Elles sont là, en masse, sous des aspects protéiformes. Et pourtant là encore, il y a toujours une occasion de faire confiance.
Nous sommes là en mission pour éradiquer la peur en y substituant l’amour qui, dans son goutte-à-goutte subtil, dissout peu à peu les murs de la séparativité et les craintes qui lui sont associées.
La peur résulte de tous nos attachements au monde formel.
Attachement à ce que nous sommes, attachement à ce que nous avons, attachement à ce que nous voudrions être, attachements qui s’expriment à travers de telles diversités, de telles forces, de telles évidences et une telle nécessité que nous en oublions qu’ils ne sont là que pour être identifiés et transmutés.
C’est à mourir que nous invite la peur, mourir aux liens qui nous attachent à des représentations, à des souvenirs heureux ou malheureux, à ce qui fut des réussites ou des échecs ; accepter de mourir, c’est accepter de renoncer à une pérennité illusoire.
Rien dans le monde de la manifestation n’est pérenne ; mais si nous savons tous et toutes que la mort existe, nous habitons encore l’existence comme si les formes étaient immortelles.
Nous sommes là, accrochés à nos bonheurs comme à nos rancœurs, à nos malheurs comme à nos espoirs sans intégrer que bonheurs, malheurs, rancœurs ou espoirs ne sont là que pour que nous comprenions qu’il y a toujours une occasion de faire confiance, une occasion de soutenir de nouvelles bribes de lucidité qui aideront à nous défaire des définitions, des croyances et des adhésions multiples dans lesquelles nous nous sommes laissés enfermés.
Il y a toujours une occasion de faire confiance quand nous parvenons à dépasser le joug de l’illusion, car nous avons fait un pas qui mène à l’essentiel.
Il y a alors raison de faire confiance dès que nous embrassons cet essentiel qui cherche à poindre, et se délivre chaque fois que nous laissons sur les rives de l’inconsistance nos acharnements à croire à l’apparence.
Il y a toujours une raison de faire confiance quand le visible surgit comme un mirage et que les mondes intérieurs progressivement se dévoilent, donnant alors l’infini comme ligne de mire pour que notre engagement à nous parfaire puisse se renouveler sans relâche.
Il y a toujours une raison de faire confiance, lorsqu’au fil du mariage entre l’essence et l’existence, nous découvrons que nous sommes tous et toutes dans ce monde, mais pas de ce monde.
Il y a toujours une raison de faire confiance pour combler le fossé qui mène du savoir à la sagesse. Et ce fossé, quoi qu’il paraisse, quoi qu’on en pense, est en passe de s’effacer, car la sagesse est l’expression de l’amour enfin dépourvu d’attachement.
C’est en confiance, en conscience et ensemble que nous cheminons pour la rejoindre.