Trop, c’est trop !
Trop, c’est trop ! mais trop, c’est aussi l’anagramme de port. Et quand c’est trop, il est temps de rentrer au port, retrouver le calme, reprendre son souffle et regarder lucidement ce qu’il convient de changer.
Car des trop, il y en a pléthore, ils se trouvent dans tous les domaines. Trop d’informations tuent l’information. Trop de publicité noie le désir. Trop d’envies alimentent la frustration. Trop de souffrances donnent au quotidien un air de désolation … Et trop de gentillesse parfois, finit même par sembler louche.
Il y a des trop qui alertent et obligent à dire stop. Mais il est aussi des trop plus trompeurs qui prennent la place du pas assez. Car derrière chaque excès se cache un manque qu’il convient aussi d’identifier.
L’art des proportions au sein de nos valeurs, de nos choix, de nos désirs, de nos habitudes, dans le jeu du trop et du trop peu, lance le titre du grand quiz de l’été : Quoi de trop à limiter ? Quoi de pas assez à développer ?
Pas si simple. Mais une belle occasion de réfléchir.
Il fait trop chaud. La nature en pâtit et l’humain avec elle, rappelant au passage qu’il n’est en rien séparé de son environnement. Il fait trop chaud ! Cela incite à ralentir le mouvement, les activités, la course permanente et peut-être à profiter de cette pause pour penser l’avenir et imaginer un futur différent.
Il fait trop injuste. Mais comment réintroduire un peu d’équilibre dans l’existence lorsque les ressources, les richesses et les possibilités de mieux vivre demeurent si inégalement réparties ? Comment faire du mieux-vivre, non plus le privilège de quelques-uns, mais une possibilité réellement offerte au plus grand nombre ?
Il fait trop guerre. Car chaque nation, chaque communauté, chaque individu tire la couverture à soi, souvent au mépris de l’autre. Les nantis exploitent les plus vulnérables, et les écarts se creusent jusqu’à devenir explosifs.
Trop, c’est trop. Et les systèmes de domination, si solidement installés, commencent à prendre l’eau. L’état des lieux du trop s’affiche avec indécence.
Trop d’inégalités hommes-femmes, et dans chaque camp, un trop de revendications et d’esprits revanchards.
Trop d’inégalités entre nations riches et pays pauvres, qui ne cessent de creuser un écart qui, inévitablement, enclenchera des violences en retour.
Trop d’inégalités entre les puissants et les faibles à l’échelle nationale, internationale ou individuelle. Le déséquilibre ne peut pas se perpétuer ad vitam aeternam.
Dans le monde du trop, nous sommes invités à être des régulateurs. Et toute régulation commence au port, chez soi, dans l’intimité de nos existences.
Où donne-t-on dans le trop ? Où donne-t-on dans le pas assez ? En quoi ces choix contribuent-ils au climat mondial, et à quels ajustements pouvons-nous nous consacrer ?
Trop, c’est trop, mais trop peu penser, trop peu agir l’est aussi. Alors secouons-nous un peu la conscience pour faire advenir chez nous ce qui semble le plus juste. Pas plus, car c’est dans nos ports d’attache que commence le travail.