Un peu d’espoir dans ce monde de brutes
Un peu d’espoir dans ce monde de brutes ; un peu de soleil dans cet imbroglio où chacun ne voit midi qu’à sa porte et se moque de ce qui peut arriver à son voisin.
À ne voir le monde que de son seul point de vue, on se trompe sur ce qu’il est, et l’on s’enferme dans un séparatisme qui ne permet pas de construire un avenir plus aimant, un futur plus aidant. Car derrière ces façons d’ériger des barrières, nous ne nous aidons pas à voir plus grand, à voir plus large, à voir depuis le promontoire de la conscience.
Un peu d’espoir pour donner au monde l’air dont il a besoin et lui permettre de respirer consciemment ce qui est commun à tous.
Une même Terre nous porte, une même atmosphère autorise l’existence, une même constitution permet de définir des états d’être, des sentiers de pensée et nous nous faisons la guerre pour quelques pans de terre, quelques sommes d’argent, quelques pouvoirs. Nous sommes prêts à nous entretuer physiquement, économiquement, psychiquement pour nous donner l’impression de gagner sur un terrain miné.
L’espoir réside pourtant dans notre humanité, dans notre façon de comprendre que tout est en perpétuel mouvement, et que nous devons inscrire ce qui est, dans une ronde permanente. À ne voir que le visible, nous nous trompons sur les temps et la nature de l’existence. Nous la prenons pour la forêt alors qu’elle n’est qu’un arbre, une infime part sur laquelle nous fixons notre regard.
Derrière la guerre, la paix ; derrière la mort, la vie ; derrière les limites, l’espace infini à l’intérieur comme à l’extérieur des barrières que l’on érige pour ne pas se perdre.
L’essentiel est le substrat de ce que nous voyons ; il est la source de l’espoir, et chaque fois que le désespoir nous traverse, chaque fois qu’il s’installe dans le quotidien collectif ou particulier, il marque l’absence cruelle de ce que l’on espère. Il est donc une façon de montrer en négatif qu’un autre monde est possible, et qu’il convient de l’inventer en se dégageant des visions pessimistes qui proviennent des impasses que génère la séparativité.
Au-dessus des nuages le soleil est là ; et si nous ne cherchons pas à découvrir le paysage depuis un large belvédère, nous risquons de prendre les champs de nos compréhensions limités par les œillères de nos perceptions pour une réalité qui n’est qu’un reflet déformé des mondes infinis qui nous préexistent. Le désespoir concerne l’apparence, il parle de solitude, d’isolement, de pénurie et de souffrance. Il parle de manque d’unité, d’absence d’humanité, de vide d’abondance ou de paix en berne.
À nous donc de ne plus nous laisser aveugler par le paraître ; à nous de chercher le soleil, à nous de faire tomber les frontières pour ouvrir dans les consciences un espace de partage qui finira naturellement par venir à bout de nos multiples désespoirs en magnifiant l’unité, la paix, l’abondance et notre humanité.
À nous donc de cultiver tous les espoirs pour que triomphe le bien commun ; nous sommes là pour ça !